LE DEMI-TOUR DE FRANCE

LE DEMI-TOUR DE FRANCE

DOUCE FRANCE

Le demi-tour a longtemps été une spécialité « vroamesque » et votre serviteur en a usé et abusé durant de longues années! Depuis l’apparition des GPS, cet exercice se fait plus rare, même si de temps à autre une petite erreur de navigation n’est pas à exclure!

Non, durant ces 2 semaines aoûtiennes, il ne s’agira aucunement de retourner sur nos pas, bien au contraire: ce demi-tour là nous permettra de traverser la France du nord vers le sud, de Dunkerque à Saint-Pee-sur-Nivelle, précisément.

En feuilletant le dictionnaire, j’ai déniché la définition du mot « exceptionnel »: «qui est hors de l’ordinaire». Pourtant, lorsque nous avions lancé ce projet de voyage en France, nous pensions effectuer une balade tranquille, presque banale, redécouvrir de jolis sites certes, mais nous étions bien loin d’imaginer combien ces 15 jours nous apporteraient de joies, de (bonnes) surprises et de découvertes délicieuses.

TOUT FEU, TOUT FLAMME!

Chacun rejoint le point de départ de notre périple, en ce samedi 6 août. Pourquoi avoir choisi Dunkerque? Bien sûr, parce que cette ville injustement mésestimée figure tout en haut de la carte, mais pas seulement… C’est aussi là que résident nos Amis Marcel et Solange, qui se faisaient une joie de nous faire découvrir les beautés de la cité de Jean Bart. Oui, mais voilà, nos chers Dunkerquois ne pourront faire partie du voyage…

Lors de la sortie des « Trois Frontières », ils sont tombés de leur Gold Wing en effectuant un … demi-tour!!! Résultat : double fracture du tibia et de la cheville pour Marcel et hélas, pour nos infortunés Amis, le voyage n’ira pas plus loin que Dunkerque ! Ils sont remplacés par Daniel et Mireille, deux charmants Marseillais, dont c’est la première sortie avec Vroam.

Ils sont accueillis dès leur arrivée à l’hôtel par nos Amis Belges Eddy et Valérie, José et Ghislaine, qui eux, n’ont eu que peu de kilomètres à parcourir pour rejoindre le lieu du rendez-vous.

En fin d’après-midi, 30 Participants (es) pointent à l’hôtel Ibis, au centre de Dunkerque. Il ne manque… que Paul et nous ! Notre fidèle Deauville a bien failli nous faire rater le départ. Étrier de frein arrière bloqué, il s’en est fallu d’un rien que la surchauffe du disque ne mette le feu à la moto ! Nous faisons appel à l’assistance qui nous mène jusqu’à la concession Honda de Cambrai. Paul nous accompagne.

C’est notre jour de chance : la gentillesse et la compétence des mécanos de Bonduelle Motorsport nous remettent rapidement en selle. Après avoir retiré du liquide de frein (en excédent, c’est lui qui

causait une surpression) et remplacé les plaquettes, ils déclarent Miss Deauville « bonne pour le service.  » Finalement, nous arrivons juste à temps pour l’apéritif où nous racontons nos misères à nos futurs compagnons de voyage.

UNE FINE ÉQUIPE!

33 Vroameurs et Vroameuses se présentent sur la ligne de départ. Daniel et Mireille cumulent le fait d’être les seuls « petits nouveaux » de la bande, et d’avoir parcouru la plus grande distance depuis leur bonne ville de Marseille, soit plus de 1100 kilomètres… avant de démarrer le voyage! Les autres « Gentils Baladins des temps modernes  » n’en sont pas à leur première sortie et figurent parmi les plus fidèles des fidèles.

Ce sont toutes et tous de formidables compagnons de route.

Chacun a laissé ses soucis et ses tracas à la maison et n’a qu’un seul objectif : partager du bon temps entre Amis (es), à son rythme, sans « se prendre la tête », comme disent les jeunes!

Même s’il n’y a que 19 motos, nous choisissons de constituer 3 groupes. Il sera ainsi plus facile de circuler et de stationner. Il n’y a pas de chef de meute à proprement parler. Chaque jour, on se relaie pour guider. Christian Lallement est tellement concentré sur son rôle…qu’il en oublie son Aliette du côté des plages du Débarquement! Nous essayons de nous retrouver tous ensemble dès que possible, ce qui est loin d’être évident.

Mais lors de ces agréables soirées estivales, l’Équipe se reforme. Le repas du soir est l’occasion de relater les anecdotes de la journée et de partager les souvenirs qui s’engrangent déjà au fil des kilomètres. Si tout le monde oublie ses petits bobos , ce n’est pas le cas de l’infortuné Jean-Claude Weber : à son récurent mal de dos est venu s’ajouter une cheville foulée et le passage des vitesses devient un martyr pour notre Lorrain. Du côté de Quimper, la mort dans l’âme, Jean-Claude décide de rentrer à la maison afin de s’en remettre à son ostéopathe habituel.

LA BELLE FRANCE

Nos premiers tours de roues s’effectuent sous une météo incertaine. Le Cap Blanc Nez se visite par un vent impétueux. Cela ne retire rien à la beauté du paysage. Nous jouons à cache-cache avec la mer. Les petites routes de l’intérieur valent le détour. Même lorsque la plaine devient monotone, il reste toujours un petit village fleuri, une rivière qui folâtre, une forêt mystérieuse : pas de doute notre France est belle ! Chaque jour de nouvelles merveilles se présentent devant nos yeux ébahis. Que retenir? Après la Baie de Somme, se succèdent les falaises d’Etretat, la pittoresque ville de Honfleur, le Mont SaintMichel ou la cité corsaire de Saint-Malo, (c’est au choix), la Bretagne

et ses côtes déchirées, La Gacilly et son festival de photos géantes, la Vendée et ses plages immenses, Rochefort et son historique Hermione qui emmena La Fayette vers l’Amérique, Talmont-sur- Gironde, un des plus jolis villages de France, la citadelle de Blaye, la bonne ville de Bordeaux, Bergerac et ses ruelles animées, Monbazillac, son château et ses vins si gouleyants, la Chalosse injustement méconnue et enfin le Pays Basque où nous aurions tant aimé rester encore quelques jours de plus!

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive, il ne s’agit là que d’une petite partie des trésors qui se sont présentés devant nos yeux. Beautés de la nature et beauté des paysages sculptés par le

travail des hommes, je vous le répète au risque de me rabâcher : la France est belle!

Et comme plus nous avancions, plus la météo devenait estivale, il flottait dans l’air comme un air de vacances! D’ailleurs la chaleur devint même excessive et difficile à supporter avec nos casques et nos blousons…

Et si j’osais, je vous dirais 2 mots de mon pêcher mignon : la gourmandise! En vrac, je vous cite la ficelle picarde, les fruits de mer, les caramels d’Isigny, la biscuiterie Guella de Cancale, les crêpes bretonnes, le kouign-amann, les galettes de Pont-Aven, les magrets et les confits de canard, les vins de Monbazillac, de Bordeaux et de Jurançon, le poulet à la basquaise, le jambon de Bayonne, les tortillas et le piment d’Espelette… Je passe sur les glaces artisanales…J’avoue avoir (un peu?) abusé des bonnes choses!

OUI , MAIS….

Le tableau serait idyllique si l’on faisait exception de 3 choses qui fâchent : passe encore les revêtements dégradés, les petites routes qui secouent, les trous et les bosses, c’est pénible, mais après tout on y est habitué… Non, ce qui gâche le paysage, ce sont ces zones commerciales qui défigurent les périphéries de toutes les villes de France : partout (de Dunkerque à Bayonne) les mêmes enseignes criardes, les supermarchés, les lumières braillardes, le règne du béton et du mauvais goût… Enfin, le pire de tout, ce que l’on retrouve à la ville comme à la campagne, ce qui pourrit la vie et énerve au plus point, ce sont les ralentisseurs, « gendarmes couchés », dos d’âne,

coussins berlinois et autres joyeusetés, qui vous l’aurez deviné me mettent en colère ! Que l’on ne vienne pas me parler de sécurité pour ces dispositifs que les 4×4 franchissent à 80 km/h (les GS aussi!) : il y a certainement plus intelligent à trouver pour faire ralentir le trafic routier !!!

LE RELAIS DES AMIS

Quel grand bonheur que de partager un tel voyage entre Amis! Mais, cerise sur le gâteau, chaque jour ou presque, par un prompt renfort, notre petite équipe s’est vue enjolivée d’un grand nombre de Vroameurs locaux venus faire un bout de route avec nous. Ainsi tout au long de notre périple, nous avons pu bénéficier de la connaissance du terrain et des conseils avisés des régionaux de l’étape. En Normandie, ce sont Philippe Jacqmarcq et Patrice Margueritte qui ont inauguré la longue liste de nos « visiteurs ». A Saint-Brieuc, Sylvie Corbel et Ghislaine nous ont fait l’honneur d’une petite visite à l’heure de l’apéritif, tandis que la famille Bienvenu, presque au complet, partageait le repas du soir en notre compagnie.

Puis, en Bretagne c’est Alain Karp, Vroameur de fraîche date, (« la valeur n’attend pas le nombre des années! ») qui est venu proposer ses services avec l’aide de son épouse Monique. Nos 2 Brestois ont livré sans retenues les secrets de leurs terrains de jeux favoris, à savoir la Presqu’île de Crozon, le Menez Hom, la Pointe Saint-Mathieu, le Conquet, la visite de Brest et tout un tas de petites routes, plus belles les unes que les autres ! Nous en avons profité pour faire un petit coucou à nos Chères Yvette et Reine, qui nous avaient préparé un apéritif géant à Plouzané!

Bernard Meunier nous rejoint à La Gacilly. A Saint-Nazaire, la famille Choquet, Guillaume, Séverine et leurs filles sont venus grossir les rangs des Nantais. Les mêmes nous ont guidés le lendemain jusqu’à Saint-Hilaire-de-Riez, via le célèbre passage du Gois, pour une courte

incursion sur l’île de Noirmoutier. Dans les bois de Saint-Hilaire, Jacques et Michelle Duszynski, renforcés par leurs voisins, nous attendaient de pied ferme : ils avaient installés tables et tréteaux

pour nous offrir, cidre, vin rosé, brioche et confiture! Alors que la chaleur devenait pénible, ce havre de fraîcheur devint un petit coin de paradis! Tous réunis, motards ou pas, nous avons énormément apprécié cet accueil exceptionnel et ces échanges conviviaux. Nous étions si bien que nous décidâmes de rester là pour pique-niquer : aussitôt dit, aussitôt fait, Guillaume partit en voiture s’enquérir de force baguettes de pains et de savoureuses charcuteries ! C’est à regret qu’il fallut bien prendre congé de nos chers Amis (es).

A Rochefort, c’est au tour de Jean-Michel et d’Annick de nous servir de guides : grâce à eux, nous découvrons une ville attachante, encore sous l’ambiance du film « les Demoiselles de Rochefort » et le clou de la visite fut indéniablement la majestueuse Hermione, frégate de La Fayette.

Puis Jean-Pierre Barbin vient à son tour prêter main forte et nous fait la gentillesse de guider le groupe 1 jusqu’à l’étape de Mérignac, ce qui signifie que l’Ami Jean-Pierre dut effectuer les 100 km du retour, en plus de cette journée, déjà bien remplie.

A Mérignac, c’est Christophe qui prend le relais. Bien qu’il ne soit pas en grande forme physique, l’Ami Kiki se propose pour guider une partie de notre fine équipe dans la vieille ville de Bordeaux, qu’il connaît comme sa poche. Le lendemain, Jean-Louis Dufaye, un récent Participant du voyage au TT de l’île de Man, complète la longue liste des Vroameurs venus nous saluer.

André et Irène viennent nous rejoindre à Saint-Pee-sur-Nivelle. Nos Amis Basques nous font l’honneur de partager notre excellent repas à l’hôtel Bonnet de Saint-Pee. Ils habitent près d’Espelette et Irène nous avait bien expliqué, il y a 3 ans je crois, la culture du piment qui

fait la notoriété de cette pittoresque bourgade, lors d’une précédente sortie au Pays Basque. Fiers, à juste titre, de leur région si attachante, ils nous racontent leur mode de vie où l’hospitalité n’est pas un vain mot. D’ailleurs, ils nous le prouvent dès le lendemain, où nous sommes reçus comme des rois dans leur superbe maison, construite de leurs mains. Au menu, de délicieux produits locaux : vin blanc pétillant, jambon cru et tortilla au piment d’Espelette, bien sûr!

TOUT FINIT PAR DES CHANSONS

Le voyage est source de rencontres, nous l’avons vécu! Que nos Amis en soient grandement remerciés. Chacun est heureux de faire partager aux autres les beautés de sa région, d’en expliquer les us et les coutumes. Il faut reconnaître que toutes les provinces traversées nous ont offert une variété de paysages, de cultures, de gastronomies. Elles ont en commun d’aimer accueillir et recevoir leurs hôtes.

Le voyage est également source de bonnes surprises! Lors du dernier repas dégusté à l’hôtel Bonnet, nos voisins de table avaient loué les services d’un accordéoniste.

Nous ne nous fîmes pas prier pour les accompagner dans les chants et dans les danses. La soirée se déroulait agréablement, lorsque par le plus grand des hasards, un groupe de chanteurs basques, sans doute attiré par la musique de l’accordéon, vint nous offrir un récital improvisé et émouvant. Sans en comprendre les paroles, chacun d’entre nous fut bouleversé par la puissance et l’harmonie des voix : il était évident qu’on y parlait d’amour et de liberté, de la fierté d’habiter dans une si belle région et de la condition humaine, qui alterne peines et joies.

Nous ne pouvions mieux terminer cette belle aventure!

Auteur: marie

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